Dua Lipa obtient la nationalité albanaise

Le président Albanais Bajram Begaj a accueilli aujourd’hui l’artiste albanaise Dua Lipa, qui se produira par ailleurs demain à la place Skanderbeg pour les 110 ans de l’indépendance de l’Albanie. Le chef d’état albanais a tenu loué son talent, son esprit d’artiste ainsi que son engagement en soutien des causes sociales.

“C’est un plaisir d’accueillir aujourd’hui la grande artiste Dua Lipa. Je dis grande artiste, mais c’est aussi une fille simple, qui a fait la plus grande fierté de nous tous, de l’Albanie, du Kosovo et partout dans le monde où on trouve des Albanais. La jeunesse albanaise vous prend comme exemple et vous avez montré que les rêves peuvent être réalisés en travaillant durement. Vous avez réuni tous les Albanais ! C’est pourquoi je suis heureux de vous accorder aujourd’hui la nationalité albanaise », a déclaré Begaj.

La Suisse a un nouvel astronaute au sein de l’ESA

Suite à la campagne de recrutement de la nouvelle classe d’astronautes qui a débuté au printemps 2021, l’ESA a annoncé la liste des personnes sélectionnées pour devenir astronaute et, dans le cadre d’un projet de faisabilité, astronaute en situation de handicap physique. Il s’agissait du premier appel à candidatures pour de nouveaux astronautes depuis 2008.

La Suisse se réjouit de l’annonce du nouvel astronaute ESA de nationalité suisse en la personne de Marco Alain Sieber. Médecin à Bienne, M. Sieber compte plusieurs cordes à son arc : médecin urgentiste, pilote, instructeur de parachutisme et expérience à l’étranger. Après la période d’entraînement, les astronautes auront la possibilité de participer aux vols liés aux programmes ESA menés en partenariat avec la NASA en lien avec la Station Spatiale Internationale ISS, le Lunar Gateway et ARTEMIS, auxquels la Suisse contribue via l’ESA, par ex. sur le module ORION de Space Launch System. La sélection d’un astronaute suisse s’inscrit dans l’engagement à long-terme de la Suisse dans les programmes ESA d’exploration.

Pour rappel, l’ESA avait reçu plus de 22’000 candidatures (dont 668 des Suissesses et Suisses), parmi lesquelles 5 ont été retenues au final pour former le nouveau corps d’astronautes ESA de 2022.

Xhaka se prononce sur le match contre la Serbie

Le capitaine albanais de l’équipe nationale suisse, Granit Xhaka, s’est exprimé avec des réserves lorsqu’il a été interrogé sur le match à jouer contre la Serbie. En effet, lors de la conférence de presse d’avant-match, Xhaka a déclaré que la bataille devait se faire sur le terrain et non pas en dehors de celui-ci.

“Nous ne nous soucions pas du résultat. Il s’agit de football, nous devons prendre soin de nous. Les deux équipes veulent la victoire. C’est le plus important. Nous sommes ici pour jouer au football, c’est ce qui compte le plus”, a souligné Xhaka.

La Suisse jouera le premier match de la Coupe du Monde jeudi (demain) contre le Cameroun. Elle affrontera le Brésil au 2ème tour et enfin la Serbie lors du 3ème et dernier match de groupe.

Conseil fédéral : prolongation de la participation suisse à la KFOR et possibilité d’augmenter les effectifs

Lors de sa séance du 23 novembre 2022, le Conseil fédéral a approuvé le message visant à prolonger de trois ans l’engagement de l’armée au profit de la Force multinationale de l’OTAN au Kosovo (KFOR). Il souhaite également avoir la possibilité d’augmenter, en cours de mandat, l’effectif du contingent de maximum 30 militaires, afin de permettre à l’armée de répondre aux éventuels besoins supplémentaires de la KFOR. Les coûts supplémentaires liés à l’augmentation de l’effectif maximal seraient couverts par le budget du DDPS. Il revient maintenant au Parlement d’approuver cet engagement armé, puisqu’il dure plus de trois semaines et comprend plus de 100 militaires.

Depuis octobre 1999, l’Armée suisse participe, avec la Swisscoy (Swiss Company), à la mission internationale de promotion de la paix KFOR (Kosovo Force) de l’OTAN au Kosovo. La Swisscoy comprend un maximum de 195 militaires volontaires. L’engagement de la KFOR repose sur la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU. Au mois de juin 2020, le Parlement a prolongé le mandat jusqu’à 31 décembre 2023.

Risques de dégradation de la situation dans le sillage de la guerre en Ukraine

Bien que la situation soit actuellement stable, elle reste volatile. L’OTAN estime en l’occurrence que l’engagement de la KFOR devra se poursuivre aussi longtemps que les relations entre la Serbie et le Kosovo ne se seront pas normalisées. Par ailleurs, l’agression militaire russe contre l’Ukraine s’accompagne de risques sécuritaires accrus en Europe, y compris dans les Balkans occidentaux. Dans ce contexte, la KFOR demeure nécessaire en tant que garante militaire d’un environnement sûr, propice au développement du Kosovo et à la stabilité de toute la région.

Prolongation de la participation suisse à la KFOR et possibilité d’augmenter les effectifs en cours de mandat

Le Conseil fédéral propose donc au Parlement de poursuivre, jusqu’au 31 décembre 2026, la participation suisse à la KFOR. Le Conseil fédéral souhaite également avoir la possibilité d’augmenter, en cours de mandat, l’effectif maximal de 30 militaires au plus afin de permettre à l’armée suisse de répondre aux éventuels besoins supplémentaires de la KFOR. Dans le cadre du mandat actuel donné par le Parlement, l’effectif de la Swisscoy peut uniquement être augmenté temporairement pour les besoins de logistique et de maintenance du contingent. En cas de menace accrue pour la Swisscoy, le contingent peut aussi être renforcé à court terme pour sa propre protection. Il revient maintenant au Parlement d’approuver l’engagement, puisqu’il dure plus de trois semaines et comprend plus de 100 militaires armés. Les coûts supplémentaires liés à l’augmentation de l’effectif maximal seraient couverts par le budget du DDPS.

La Suisse a un intérêt direct à la paix et la stabilité au Kosovo et dans la région. Une telle contribution est d’autant plus importante qu’elle s’inscrit dans la perspective d’étudier un renforcement de la coopération suisse avec l’OTAN, comme présenté par le Conseil fédéral dans son rapport complémentaire au rapport sur la politique de sécurité 2021. Dans le contexte actuel de détérioration de la situation à l’est de l’Europe, les membres de l’OTAN pourraient être amenés à augmenter leur engagement et contraints de réduire leurs prestations au sein de la KFOR. Dans une telle situation, la Suisse, qui n’est pas en mesure de s’engager militairement à l’Est, pourrait être amenée à augmenter sa contribution au sein de la KFOR. À l’heure où l’OTAN et les pays européens se mobilisent pour répondre aux défis en lien avec l’agression militaire russe contre l’Ukraine, la Suisse démontre ainsi assumer sa part de responsabilité en jouant un rôle dans le maintien de la stabilité et du développement d’une région avec laquelle elle a des liens étroits.

Le 31 décembre de chaque année, le DDPS remet aux Commissions de politique extérieure et aux Commissions de la politique de sécurité des deux conseils un rapport intermédiaire sur l’engagement de la Swisscoy.

Un boxeur albanais, champion de Suisse

Leonid Berisha, boxeur originaire du Kosovo, a été déclaré champion de Suisse, dans la catégorie jusqu’à 86 kilogrammes.

Lors de la finale qui s’est tenue à Genève, l’Albanais a battu Saurier Michael.

Il est à noter que Berisha vient du village de Drenoc, municipalité de Rahovec, au Kosovo. Après un an de dévouement, de discipline et de victoires consécutives, Leonid Berisha a enfin réalisé son rêve la nuit dernière.

A travers des présentations, des promotions et des débats, le Conseil des Albanais affirme la culture albanaise à Lausanne

L’édition de la culture albanaise, organisée par le Conseil des Albanais de Suisse s’est déroulée pendant trois jours à Lausanne. Au cours de ce week-end, l’art, la littérature et l’éducation ont été au cœur des présentations, avec un accent particulier sur les questions politiques qui sont directement liées à l’importance de la diaspora à cet égard.

L’ouverture officielle de cet événement a eu lieu le vendredi 11 novembre, avec l’exposition et le livre “ARBERESH – la photosynthèse de mon âme”, de Rexhep Rifati, qui a perpétué la préservation de la culture et de la tradition Arbëresh au fil des ans.

Dans la soirée du lendemain, les organisateurs avaient invité Hilmi Gashi, syndicaliste et expert sur les questions migratoires, Bashkim Iseni, docteur en sciences politiques et chef du bureau lausannois pour les immigrés, Musa Kamenica, politologue et Alisa Buzhala, journaliste sur la plateforme médiatique albinfo.ch, dans un débat dont le thème était “La participation des Albanais à la vie politique dans leur pays d’origine”.

Cette question a été accueillie avec beaucoup d’intérêt par le public présent, replaçant au centre du débat les questions de savoir si la diaspora devrait voter aux élections pour la formation des gouvernements dans leur pays d’origine, de leur rôle et si leur l’implication aurait un effet positif sur les intérêts de la communauté albanaise. L’émigration est-elle considérée comme un véritable facteur de développement ou seulement comme un objectif de conquête des suffrages ?

La manière de trouver des structures qui aident à façonner une représentation décente des Albanais, par le biais de candidats politiques, d’associations et de professionnels de différents domaines, a également fait partie des discussions.

“Ceux d’entre nous qui sont engagés en politique dans les pays où nous vivons et travaillons sont chargés de travailler à l’unité, il est donc très important qu’il n’y ait pas de division entre les candidats et les associations afin que nous puissions travailler ensemble vers la possibilité de prendre des décisions “, a déclaré Musa Kamenica, député communal à Lausanne.

Bashkim Iseni a quant à lui souligné que l’intégration et l’engagement politique des Albanais dans les pays d’accueil affecteraient par conséquent leur efficacité et seraient considérés comme des potentiels dans les pays d’origine. Hilmi Gashi a par ailleurs exprimé le besoin de professionnalisation de l’Assemblée des Albanais en Suisse.

Au cours de la conversation, la volonté et le lien spirituel avec la patrie, qui motive les émigrants à continuer de contribuer au développement social et économique, ainsi qu’à la politique, se sont imposés au premier plan.

Pour détendre l’atmosphère de la soirée, la chanteuse Fatjeta Barbullushi, accompagnée à la guitare par Fejzullah Zumberi, avait préparé un programme musical avec des classiques albanais, ramenant ainsi les valeurs de la musique albanaise.

Dans l’après-midi du dimanche 13 novembre, une conférence a été organisée par la LEPA (la Ligue des Enseignants et Parents Albanais) pour partager des informations sur l’école en langue albanaise. Cette école travaille en permanence dans l’éducation et la formation des étudiants albanais, en leur offrant de nouvelles méthodes d’apprentissage et en partageant les expériences de l’intérêt et de l’importance d’avoir une école albanaise en Suisse.

Orhan Spahiu, président du Conseil des Albanais de Suisse, a parlé de la coopération du Conseil avec ces écoles, tandis que Liburn Mehmetaj a présenté plusieurs nouveaux projets, parmi lesquels le projet “tutor #Shqip” pour l’enseignement complémentaire, qui s’est avéré nécessaire pour les enfants qui parlent leur langue maternelle, tout en suivant des cours dans des écoles suisses ordinaires. Le fait qu’il y ait une bonne coopération entre la République du Kosovo et les écoles albanaises, en particulier la fourniture de livres, a été qualifié de positif.

Mehmetaj a par ailleurs admis que la numérisation a grandement aidé le processus de travail dans les écoles et que, par conséquent, les personnes intéressées ont un accès et une gestion plus faciles de cette structure.

Et l’enseignante Blerta Kadriu, qui fait partie du projet et en même temps enseignante de la classe ouverte à Spreitenbach, a raconté le succès du projet “tutor#Shqip”, qui a débuté il y a 3 semaines dans la commune de Spreitenbach .

Dans cette organisation, impossible d’ignorer la littérature, comme l’un des facteurs les plus importants de préservation de la langue. “101 poèmes suisses” traduits et adaptés par Kujtim Shabani, ont été présentés au public à travers la lecture de certains d’entre eux. Le public a vécu la traduction de l’allemand vers l’albanais avec un fort lien émotionnel.

La dernière activité du week-end de la culture albanaise a été consacrée à la présentation de deux livres d’auteurs albanais : Ilir Xheladini et Shemsi Makolli. Xheladini à présentà l’œuvre “Le carrefour des destins” (en albanais; Udhëkryqi i fateve), qui parle de deux personnages, deux filles de deux pays différents, qui recherchent le véritable amour, croyant ainsi que le destin rencontre un carrefour dans la vie.

Tandis que « Perëndeshat e përdhosura »” (également recréé en français; “Les Déesses profanées”), écrit par Shemsi Makolli, élabore sur un thème social au sujet des survivants de la violence de la dernière guerre au Kosovo. Par la poésie, l’auteur tente d’influencer la rupture du silence collectif sur ce sujet, ce silence causé par la société patriarcale.

En plus de résumer le contenu de ces œuvres littéraires, l’importance de la littérature comme moyen de faire émerger les problèmes sociaux ainsi que comme forme appropriée pour la formation de l’histoire en tant que peuple a également été discutée.

L’événement, dirigé par le Conseil des Albanais de Suisse s’est déroulé et conclu avec ces activités dans le but de créer une nouvelle image de la communauté albanaise par l’éducation, l’intégration et la préservation des valeurs culturelles.

Autore e artikullit: Alisa Buzhala

 

 

 

 

Asile : statistiques d’octobre 2022

Durant le mois d’octobre 2022, 3208 demandes d’asile ont été déposées en Suisse, soit une hausse de 527 par rapport au mois précédent (+ 19,7 %) et de 1707 par rapport à octobre 2021. Les principaux pays de provenance ont été l’Afghanistan et la Turquie. En outre, 2360 personnes ayant fui l’Ukraine ont obtenu le statut de protection S au cours du mois sous revue.

Les principaux pays de provenance des personnes ayant déposé une demande d’asile en Suisse en octobre étaient l’Afghanistan avec 1154 demandes (330 de plus qu’en septembre), la Turquie (644 demandes ; + 100), le Burundi (315 demandes ; + 179), l’Algérie (160 demandes ; + 19) et l’Érythrée (151 demandes ; + 2).

Sur les 3208 demandes d’asile présentées en octobre, 2839 étaient des demandes primaires (septembre 2022 : 2273), à savoir des demandes déposées indépendamment d’autres personnes ayant déjà requis une protection. Les personnes qui ont déposé une telle demande en octobre 2022 venaient principalement d’Afghanistan (1119, + 342), de Turquie (552, + 79), du Burundi (315, + 180), d’Algérie (157, + 18) et de Syrie (79, – 38). Les demandes secondaires, pour leur part, font suite à des demandes d’asile déjà enregistrées (p. ex., naissances, regroupements familiaux ou demandes multiples).

Augmentation du nombre de cas en suspens

Le Secrétariat d’État aux migrations a liquidé 1675 demandes d’asile en octobre 2022. Parmi elles, 522 ont abouti à une décision de non-entrée en matière (dont 434 sur la base de l’accord de Dublin), 464 à l’octroi de l’asile et 384 à une admission provisoire en première instance. Le nombre de cas en suspens en première instance s’élève à 9464, soit 1560 de plus que le mois précédent.

Durant le mois sous revue, 1525 personnes ont quitté la Suisse sous le contrôle des autorités ou ont été renvoyées dans leur pays de provenance ou dans un pays tiers. La Suisse a demandé à d’autres États Dublin de prendre en charge 795 requérants. Parallèlement, 134 personnes ont été transférées dans l’État Dublin responsable du traitement de leur demande d’asile. La Suisse a, quant à elle, reçu 338 demandes de prise en charge émanant d’autres États Dublin, et 21 personnes ont été transférées sur son territoire.

Accueil de réfugiés particulièrement vulnérables

En octobre, 145 personnes sont arrivées en Suisse dans le cadre d’un programme de réinstallation. Le Conseil fédéral se prononce sur ces programmes tous les deux ans. Pour les années 2022 et 2023, il a décidé que la Suisse accueillerait jusqu’à 1600 réfugiés se trouvant dans une situation précaire dans le pays de premier accueil. S’y ajoutera un contingent de 220 réfugiés qui n’ont pas pu être accueillis dans le cadre du programme 2020/2021 en raison de retards dus à la pandémie.

Ukraine : statut de protection S (procédure spéciale)

Le 12 mars 2022, le Conseil fédéral a pour la première fois activé le statut de protection S, afin que la Suisse puisse accueillir des personnes venant d’Ukraine qui ont besoin de protection.

En octobre, 2757 personnes ont déposé une demande de statut de protection S dans un centre fédéral pour requérants d’asile. Ce statut a été accordé à 2360 personnes et refusé à 110 autres qui ne remplissaient pas les critères.

Depuis l’activation du statut de protection S, celui-ci a pris fin pour 5212 personnes et la fin du statut est en cours d’examen dans 1373 cas. Fin octobre, 60 601 personnes bénéficiaient du statut S.

Libre circulation : le Conseil fédéral active la clause de sauvegarde à l’égard de la Croatie

L’accès au marché suisse du travail sera à nouveau limité pour les ressortissants croates en 2023. Le nombre de travailleurs en provenance de Croatie a fortement augmenté cette année et dépasse désormais les valeurs seuils définies dans l’accord sur la libre circulation des personnes (ALCP). Le Conseil fédéral a dès lors décidé, lors de sa séance du 16 novembre 2022, d’activer la clause de sauvegarde prévue dans l’ALCP.

L’ALCP conclu avec l’Union européenne a été étendu à la Croatie par un protocole additionnel, entré en vigueur le 1er janvier 2017. Ce dernier prévoit une ouverture progressive et par étapes, sur dix ans, du marché du travail suisse aux ressortissants croates. Depuis le 1er janvier 2022, les ressortissants croates bénéficient de la libre circulation complète des personnes. La clause de sauvegarde prévue dans l’ALCP permet à la Suisse de réintroduire unilatéralement des contingents d’autorisations pour une durée limitée lorsque l’immigration en provenance de la Croatie dépasse un certain seuil. Ce seuil est atteint quand le nombre de permis délivrés (2022) est supérieur de plus de 10 % à la moyenne des trois années précédentes (2019 à 2021).

Entre janvier et octobre 2022, la Suisse a délivré 2413 permis B aux travailleurs croates, alors que le seuil se situe à 178 pour toute l’année 2022 (162 permis B en moyenne annuelle pendant les années 2019 à 2021, lorsque ces permis étaient encore contingentés, + 10%). Ainsi, les conditions quantitatives sont remplies pour que la clause de sauvegarde unilatérale prévue dans l’ALCP soit activée en 2023. Conformément aux dispositions légales, la Suisse réintroduira dès le 1er janvier des contingents d’autorisations à la fois pour les permis B et les permis L. Le nombre de nouvelles autorisations à disposition pour l’année 2023 est fixé à 1150 permis B et 1007 permis L.

Mesure prévue dans l’accord sur la libre circulation

Avec la rapide reprise économique suite à la crise du covid-19, l’immigration globale des travailleurs étrangers en Suisse a enregistré une hausse marquée en 2022. Le nombre de permis attribués à des ressortissants croates a lui aussi augmenté, dépassant les valeurs seuils prévues dans l’ALCP. La demande de travailleurs croates a principalement concerné, dans le secteur secondaire, l’industrie manufacturière et la construction ainsi que, dans le secteur tertiaire, l’hôtellerie/restauration, le commerce et les agences de placement. Une progression du nombre de travailleurs croates a aussi été observée dans des domaines qui nécessitent des qualifications plus élevées, tels que les services de planification, le conseil et l’informatique.

Le Conseil fédéral utilise les instruments à sa disposition pour permettre un meilleur contrôle de l’immigration dans le respect des besoins de l’économie. Il a déjà fait usage de la clause de sauvegarde à plusieurs reprises par le passé pour les ressortissants d’autres États devenus membres de l’UE. En appliquant cette mesure de protection, il veille à une mise en œuvre graduelle et progressive de la libre circulation des ressortissants croates dans le marché suisse du travail.

Le Premier ministre Kurti rencontre des compatriotes albanais à Vienne

A l’issue de son séjour à Vienne, où il a participé au Forum économique de Vienne, le premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, accompagné de l’ambassadeur du Kosovo en Autriche, Lulzim Pllana, s’est réuni en soirée à l'”Europahaus” avec un grand nombre de compatriotes vivant en Autriche, rapporte albinfo.at

 

Au cours de cette réunion, le Premier ministre Kurti a évoqué les derniers développements dans le pays, les réformes entreprises et le travail du gouvernement jusqu’à présent. Kuri en a profité pour parler de l’inclusion et du rôle actif de la diaspora dans le cadre du travail du gouvernement.

 

Le Premier ministre a remercié les personnes présentes pour leur chaleureuse hospitalité et toute la diaspora pour son engagement inlassable et sa contribution continue.

 

Il a déclaré que la diaspora faisait partie intégrante du passé, du présent et de l’avenir du pays, et les a invités à explorer les opportunités d’investissement au Kosovo avec leurs partenaires commerciaux.

Le nouveau numéro d’albinfo.ch : les médecins de la diaspora veulent-ils retourner au Kosovo ?

La rédaction a abordé le problème de l’exil des médecins du Kosovo et l’initiative du Premier ministre Kurti portant sur le retour des médecins de la diaspora au Kosovo

“Le pour et le contre du retour des médecins de la diaspora, “, c’est le titre du gros dossier du dernier numéro du magazine albinfo.ch. A cette occasion, la rédaction a abordé le problème de l’exil des médecins du Kosovo, d’une part, et l’initiative du Premier ministre Kurti portant sur le retour des médecins de la diaspora au Kosovo, d’une autre.

Afin de traiter au mieux ce sujet, des entretiens ont été menés avec des médecins albanais de Suisse, collectant ainsi des déclarations pesant le pour et le contre à ce sujet. En outre, des données des autorités compétentes du Kosovo nous ont été transmises et vous aurez l’occasion de connaître en détail le contexte et les circonstances du sujet dans le nouveau numéro de notre magazine.

Le 26 novembre à Zurich se tiendra la prochaine manifestation “Swissalbs” pour la sélection du meilleur jeune homme d’affaires albanais de Suisse. albinfo.ch, en qualité de partenaire média de cette organisation, a réalisé un autre dossier relatif à cette organisation. Dans ce dossier, vous pourrez lire, entre autres, les entretiens des membres du jury qui choisiront le meilleur jeune homme d’affaires albanais de Suisse.

Un autre sujet traitant de la médecine, mais sans rapport avec le retour des médecins de la diaspora cette fois, a trouvé sa place dans le numéro actuel du magazine. Il s’agit de la présentation d’une innovation réalisée par le chirurgien suisse albanais Dr. Gazmend Morina. Vous pouvez découvrir de quelle innovation il s’agit et d’y lire plus à son sujet dans ce numéro.

Le dernier numéro du magazine est disponible gratuitement dans les locaux fréquentés par les touristes partout en Suisse.

Nous vous souhaitons une agréable lecture !

“Nous ne sommes pas des criminels”: manifestation de la communauté albanaise à Londres.

Les immigrés albanais au Royaume-Uni ont protesté ce samedi contre les déclarations de la ministre britannique de l’Intérieur, Suella Braverman, qui a déclaré que les Albanais amenaient le crime en Grande-Bretagne et qu’ils devaient quitter le pays au plus vite.

 

Pancartes et drapeaux rouges et noirs à la main, les immigrés albanais se sont rassemblés dans le centre de Londres, au “Westminster Bridge”, où ils ont exigé la démission de la ministre de l’Intérieur et des excuses publiques du gouvernement.

 

Les manifestants ont déclaré se sentir insultés par la déclaration de Braverman, tout en soulignant qu’ils ne sont pas des criminels, mais des contribuables et des contributeurs à la société britannique.

 

En plus de ceux qui vivent en Grande-Bretagne, des Albanais de Suisse sont également arrivés en soutien, rejoignant leurs revendications au sujet des déclarations de la ministre britannique.

 

Au cas où il n’y aurait pas de réponse à leur protestation, les immigrés ont  une autre manifestation le 28 novembre, jour du drapeau.

 

Les débats et le langage utilisé par la ministre de l’Intérieur, Suella Braverman, selon laquelle la Grande-Bretagne fait face à une invasion de demandeurs d’asile d’Albanie et qu’ils devraient être expulsés, ont alimenté les débats entre les deux pays.

 

Plus tôt dans la journée, le Premier ministre Edi Rama avait souligné qu’il ne pouvait tolérer la réaction de Braverman, qu’il jugeait “folle”. Il a qualifié son comportement de catalyseur de xénophobie.

 

“L’Albanie attend toujours des excuses du gouvernement du Royaume-Uni”, a déclaré le Premier ministre Rama à propos de l’affaire.

 

VIDEO:

Shqiptarët mbushin rrugët në Londër, protestë kundër Sekretares britanike që foli për ‘pushtim’, – YouTube

L’initiative du conseiller communal albanais l’emporte : la police doit émettre des factures après un contrôle

Durant son enfance, le politicien Reis Luzhnica a été victime de profilage racial. Il cherche maintenant à résoudre ce problème par le biais d’une initiative à l’Assemblée de Zurich

Deux conseillers communaux du PS exigent que la police de la ville de Zurich émette à l’avenir des factures portant sur les contrôles d’identité, rapporte albinfo.ch. La facture doit contenir des informations sur la personne contrôlée, le poste et le numéro du policier, des informations générales telles que l’heure, le lieu et le motif de la fouille.

Le but : réduire les contrôles arbitraires sur les personnes en fonction de leur apparence ou de leur origine.

Reis Luzhinca est l’un des auteurs de l’initiative. Il est membre du conseil communal de Zurich, en tant que membre de l’assemblée du PS.

Comme indiqué lors de la réunion du conseil, l’homme de 32 ans d’origine albanaise, il a été constamment contrôlé par la police pendant son enfance. Il était souvent accompagné de ses amis lors des contrôles, mais lui seul a été contrôlé par la police, rapporte “Tagesanzeiger”.

Malgré quelques votes contre – la motion a été approuvée.

L’initiative, outre le PS, a également été approuvée par les représentants des Vert’libéraux et la liste alternative du conseil communal. Cependant, la responsable de la sécurité, Karin Rykart (des Verts), ne s’est pas montrée trop enthousiaste au sujet de l’initiative

Selon elle, la ville a déjà mis en place des mesures suffisantes contre le profilage racial. “La facture avec nom et prénom ne constitue aucune valeur ajoutée”, s’est-elle exprimée au Tagesanzeiger.

En outre, l’initiative n’a pas été bien accueillie par le PLR et l’UDC non plus. En effet, ces partis craignent que les projets de loi ne créent un “monstre bureaucratique”, rapporte albinfo.ch. Cependant, l’initiative a été approuvée par le conseil communal à 72 voix pour et 41 contre.

Le Président de la communauté musulmane albanaise de Suisse prononce un discours dans l’Église évangélique

Cultiver la coexistence entre les communautés religieuses en Suisse est une belle tradition qui se nourrit chaque jour, avec des actions concrètes.

Dans ce contexte, le dimanche 6 novembre, l’imam hfz. Mehas Alija, président de la Communauté musulmane albanaise de Suisse, a prononcé un discours de salutation dans l’église évangélique réformiste voisine de Winkeln, dans le canton de Saint-Gall écrit albinfo.ch. A cette occasion, il a salué le prêtre évangéliste, Marcus Schattan, un prêtre qui était jusqu’à présent engagé dans cette église.

« Nous avons dit au revoir à Marcus car il déménage maintenant dans une autre ville, pour servir dans d’autres institutions. » En plus de l’imam, le chef de la mosquée, Sadush Ajrullai, a également participé à cette cérémonie religieuse d’adieu. « Fraternellement en paix, différents mais unis ! », déclare l’imam dans un post sur les réseaux sociaux.

À cette occasion, hfz. Mehas Alija a offert un cadeau symbolique au prêtre Marcus Schatan

Dans son discours, il a notamment déclaré : « La communauté des croyants est plus grande que la communauté des chrétiens réformés et des catholiques: nous cheminons ensemble en tant que musulmans et chrétiens. Nous nous promenons ensemble ici dans le quartier de Winkeln et partout ailleurs dans la société suisse. Chrétiens et musulmans croient au même Dieu : le Dieu d’Abraham et d’Isaac. C’est bien que nous puissions célébrer ce moment ensemble, ici. Car nous cheminons ensemble en tant que croyants sur des chemins différents, mais vers le même Dieu”.

Cher Marc

En mon nom et au nom de notre communauté islamique Al-Hidaje, je vous remercie de tout cœur pour votre hospitalité et votre coopération jusqu’à présent. Votre accueil a toujours été merveilleux et chaleureux !

La tradition judéo-chrétienne-islamique en Europe représente une valeur particulière pour nous tous, c’est pourquoi nous devons la préserver et la cultiver dans un esprit de paix et d’harmonie.

Cher Marcus, je vous souhaite, ainsi qu’à votre famille et à votre communauté, tout le meilleur !

Enfin, que la paix de Dieu soit sur nous tous !

Mehas Alija

Murat Yakin dévoile sa liste des joueurs pour le Qatar, Shaqiri, Xhaka et Jashari in, Zeqiri out.

La Suisse a officiellement sélectionné 26 footballeurs qui la représenteront à la Coupe du Monde au Qatar, qui débute le 20 Novembre.

On retrouve dans cette liste notamment trois footballeurs d’origine albanaise, Xherdan Shaiqiri, Granit Xhaka ainsi qu’Ardon Jashari, à la surprise de tous.

Jashari n’a que 20 ans et joue en tant que milieu de terrain à Lucerne. Il n’avait qu’une seule apparition avec la Nati jusqu’à présent.

Murat Yakin estime que Jashari est un footballeur talentueux avec un grand futur. Andi Zeqiri a quant à lui été mis de côté.

La Suisse est dans le même groupe que le Brésil, la Serbie et le Cameroun.

Les salaires effectifs et minimaux ont augmenté en moyenne de respectivement 0,8% et 0,6% en 2022

Les partenaires sociaux signataires des principales conventions collectives de travail (CCT) ont convenu pour 2022 d’une augmentation nominale des salaires effectifs de 0,8% et de 0,6% des salaires minimaux. Les salaires effectifs ont augmenté de 0,5% à titre individuel et de 0,3% à titre collectif. Ce sont là quelques résultats de l’enquête sur les accords salariaux conclus dans les domaines conventionnels, réalisée par l’Office fédéral de la statistique (OFS).

Dans le cadre des principales CCT, c’est-à-dire celles qui comptent au moins 1500 personnes assujetties, les partenaires sociaux ont convenu pour 2022 d’une hausse nominale des salaires effectifs de 0,8% en moyenne (2021: 0,4%; 2020: 0,9%; 2019: 1,1%; 2018: 0,9%). En tenant compte des prévisions de renchérissement pour l’année en cours (+3%), les salaires réels dans le domaine conventionnel devraient diminuer de 2,2% cette année. Près de 551 000 personnes sont concernées par des accords sur les salaires effectifs (2021: 589 000 personnes; 2020: 632 000 personnes; 2019: 613 000 personnes; 2018: 480 000 personnes).

Les salaires effectifs ont augmenté en moyenne de 0,8%

Les salaires effectifs ont augmenté de 0,9% dans le secteur secondaire et de 0,8% dans le secteur tertiaire. Les adaptations salariales selon les sections économiques se sont échelonnées comme suit: Construction (+1,1%), Activités de services administratifs et de soutien (+1%), Information et communication (+0,9%), Activités financières et d’assurance (+0,9%), Commerce; réparation d’automobiles et de motocycles (+0,9%), Transports et entreposage (+0,8%), Industrie manufacturière (+0,8%) et Santé humaine et action sociale (+0,7%).

Des augmentations salariales à titre collectif et individuel

En 2022, la hausse moyenne des salaires conventionnels de 0,8% s’est répartie à hauteur de 0,5% à titre individuel (2021: +0,3%; 2020: +0,5%; 2019: +0,6%; 2018: +0,6%) et de 0,3% à titre collectif (2021: +0,1%; 2020: +0,4%; 2019: +0,5%; 2018: +0,3%). Ainsi, 38% de la masse salariale destinée aux augmentations de salaires ont été attribués de manière égale aux personnes concernées. Les adaptations accordées à titre collectif restent minoritaires dans le secteur tertiaire (19%) alors qu’elles sont majoritaires dans le secteur secondaire (78%).

Les salaires minimaux ont progressé en moyenne de 0,6%

Les salaires minimaux fixés dans les principales CCT ont été augmentés de 0,6% en 2022 (2021: 0,2%, 2020: 0,7%; 2019: 0,8%; 2018: 0,5%). Un peu plus de 1 664 000 personnes sont assujetties à une CCT dans le cadre de laquelle des accords sur les salaires minimaux ont été conclus.

Les salaires minimaux ont augmenté de 0,6% dans le secteur secondaire et de 0,7% dans le secteur tertiaire. Les sections économiques ont enregistré les adaptations suivantes: Commerce; réparation d’automobiles et de motocycles (+2,2%), Industrie manufacturière (+1%), Activités de services administratifs et de soutien (+0,6%), Activités financières et d’assurance (+0,4%), Activités spécialisées, scientifiques et techniques (+0,3%), Transports et entreposage (+0,2%), Autres activités de services (0,2%), Construction (0,1%), Santé humaine et action sociale (0,1%).

Le nouveau passeport suisse est disponible

Le nouveau passeport suisse est désormais disponible: dès aujourd’hui, 31 octobre 2022, il peut être commandé auprès des bureaux de passeports cantonaux ou des représentations de la Suisse à l’étranger. La nouvelle série de passeports répond aux derniers standards en matière de documents d’identité et conjugue des éléments de design uniques inspirés du paysage suisse.

La nouvelle série de passeports conjugue sécurité, fonctionnalité et esthétique. Elle repose sur les technologies les plus récentes en matière d’éléments de sécurité pour les documents d’identité. Visibles tantôt à l’œil nu, tantôt sous lumière UV, ces éléments de sécurité font du passeport suisse un document sûr et unique. Une vidéo décrivant le design en donne un aperçu à l’adresse www.passeportsuisse.ch.

Le design du nouveau passeport caractérise la Suisse, pays à la fois attaché à ses racines et ouvert sur le monde. L’eau en est un élément récurrent, qui parcourt les 26 cantons, depuis les sommets alpins jusqu’aux vallées. Le massif du Gothard en constitue le centre, avec le Pizzo Rotondo. Il abrite les sources des plus grands fleuves suisses – qui s’étendent jusqu’à l’étranger – et relie ainsi les thèmes principaux du design: les montagnes et l’eau.

Comme jusqu’à présent, les informations biométriques sont conservées dans la puce électronique se trouvant dans la couverture du passeport. Les données enregistrées dans la puce ne peuvent être lues qu’au moyen d’un appareil assurant une transmission cryptée. Les empreintes digitales sont particulièrement protégées. La Suisse n’en autorise l’accès qu’aux pays qui appliquent une protection des données équivalente à la sienne.

La nouvelle série de passeports suisses comprend le passeport ordinaire, le passeport diplomatique, le passeport de service, le titre de voyage (passeport pour réfugié) et le passeport pour étrangers qui vivent en Suisse.

Tous les documents d’identité délivrés à ce jour restent valables jusqu’à la date d’expiration qui y est inscrite. Les offres combinées comprenant un passeport et une carte d’identité pourront toujours être commandées. Une nouvelle carte d’identité sera aussi disponible dans le courant du premier semestre 2023.

«Cascadeuses», le film qui questionne la représentation des femmes à l’écran

Elles sont la femme giflée, la femme violée, la femme humiliée, la femme tabassée à mort; elles sont la femme pendue, la femme défenestrée, celle qui se fait brûler sur le bûcher, éjecter de la voiture en marche, traîner par les cheveux dans l’escalier, fracasser le visage sur le capot de la BMW. Elles sont déjà mortes dix fois, cent fois, mille fois. De toutes les façons possibles. Ça les fait rigoler, d’un rire à peine teinté d’amertume, elles qui rêvaient de se battre comme des lionnes et de doubler des héroïnes dans des combats d’anthologie.

Elles sont aussi celles dont on ne voit jamais le visage à l’écran. Celles qu’on laisse poireauter des heures en plein soleil pendant les tournages. Celles qu’on fait chuter du troisième étage en nuisette, sans protection, parce que c’est plus sexy – et tant pis pour les risques et les bleus. Celles dont on oublie de mentionner le nom dans le générique du film. Celles qui font tache dans un milieu longtemps réservé aux hommes. Elles s’en moquent, ou presque, elles aiment l’action, les défis, l’adrénaline. Le cinéma aussi.

Elles sont cascadeuses et, pour la première fois, un film leur rend hommage. Celui de la réalisatrice, jurassienne, Elena Avdija qui, pendant trois ans, a suivi trois d’entre elles dans leur quotidien: Virginie, LA cascadeuse française depuis 25 ans, Petra, Suissesse d’origine installée à Hollywood, et Estelle, encore en formation, qui se lance dans le métier des étoiles plein les yeux. Trois portraits, filmés avec brio et pudeur, pour un premier long métrage tout en finesse et en subtilité. « Il était très important pour moi de ne pas les déposséder de leur image et de respecter leur parole, confie Elena Avdija. Je voulais leur offrir une grammaire cinématographique qui, pour une fois, les mettent en valeur comme de vraies actrices ».

 "Estelle, cascadeuse en formation dans le Nord de la France pendant une séance d'entraînement"
“Estelle, cascadeuse en formation dans le Nord de la France pendant une séance d’entraînement”

Le syndrome de la Schtroumpfette

Un film où tous les coups infligés sont feints et pourtant d’une violence sidérante tant, mises bout à bout, les scènes doublées par les cascadeuses révèlent l’imaginaire violent d’un cinéma qui se plaît encore trop souvent à reléguer les femmes aux rôles de victimes. Même si Virginie, Petra et Estelle ne le voient pas forcément ainsi. « Ce ne sont pas des militantes féministes, elles sont dans le faire. Il y a donc eu tout un équilibre à trouver entre ma grille de lecture, très documentée et théorique, et leur réalité », explique Elena Avdija. Il n’empêche qu’on est loin des doublures d’Uma Thurman dans Kill Bill ou d’Angelina Jolie dans Wanted. Car les héroïnes sont rares à l’écran et les rôles féminins encore largement sous-représentés. On appelle d’ailleurs ça le « syndrome de la Schtroumpfette ».

« Quand les femmes sont impliquées dans des scènes de violence, c’est parce qu’elles se font battre, violer, kidnapper. Il y a toutes sortes de variables pour rendre un produit audiovisuel plus sexy et c’est toujours au détriment des femmes, constate Elena Avdija. On parle beaucoup aujourd’hui de la parole des femmes dans le cinéma, de la façon dont elle est distribuée. Mais comment la violence est distribuée, ça, on n’a peu l’habitude de le considérer. C’est ce qu’explore le film ».

Cet intérêt pour les questions de genre, Elena Avdija, jurassienne d’origine kosovare, le doit en partie à son parcours. Un parcours d’immigration, qu’elle qualifie pudiquement de «complexe», mais qui lui offre aujourd’hui «une lecture plus nuancée de la société et une curiosité qui, chez moi, va chercher dans les rapports de pouvoir», explique-t-elle. C’est d’ailleurs dans des études de sociologie à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris qu’elle explore d’abord ces thématiques avant de se lancer dans un master de réalisation documentaire à l’INA, l’Institut national français de l’audiovisuel. Après deux courts métrages – D’ici ou de là-bas ?, en 2013, et Option: théâtre!, en 2017 – Cascadeuses est son premier long métrage documentaire. Un film engagé, qui soulève des questions indispensables sur la banalisation de la violence sexiste à l’écran et la façon de la mettre en scène. Des questions aussi bien esthétiques que politiques.

Cascadeuses, d’Elena Avdija, à voir dès le 3 novembre au CityClub à Pully, ainsi que dans toute la Suisse romande. Le film sortira en Suisse alémanique à partir du 17 novembre. 

“Valérie, LA cascadeuse française depuis plus de 25 ans, le visage marqué par la scène de violence qu’elle est en train de doubler”

Le SEM prévoit au moins 22 000 nouvelles demandes d’asile pour 2022

Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) a informé l’État-major spécial Asile (SONAS), qui vient de se réunir pour la 14e fois, que le nombre de demandes d’asile déposées en Suisse en 2022 pourrait avoisiner les 22 000, soit près de 7000 de plus que l’année précédente. Déjà fortement sollicités par la crise ukrainienne, les cantons, les communes et la Confédération travaillent d’arrache-pied afin de pouvoir fournir suffisamment de places d’hébergement et de personnel pour assurer l’encadrement des requérants d’asile et des personnes en quête de protection qui ont fui l’Ukraine. Le SEM a en outre pris des mesures en vue d’accélérer encore les procédures d’asile et d’augmenter le nombre de décisions rendues chaque mois en matière d’asile.

En septembre 2022, 2681 requérants ont déposé une demande d’asile en Suisse. On n’avait plus enregistré autant de demandes en un mois depuis la crise des réfugiés de 2015 et 2016. De plus, quelque 2700 personnes venant d’Ukraine ont présenté une demande de statut de protection S dans les centres fédéraux pour requérants d’asile (CFA). Le SEM s’attend à ce que l’afflux de requérants d’asile se poursuive ces prochains mois, de sorte que le nombre de demandes d’asile déposées en 2022 devrait atteindre au moins 22 000 d’ici à la fin de l’année. La Confédération et les cantons travaillent d’arrache-pied afin de préparer des places d’hébergement supplémentaires et ainsi offrir un lit et un toit à l’ensemble des requérants d’asile et des personnes en quête de protection. Le SEM a prolongé son exploitation de différents bâtiments de l’armée et en utilise également d’autres, si bien qu’il dispose d’un peu plus de 9500 places. De leur côté, les cantons sont également en train d’augmenter leur nombre de places d’hébergement dans le domaine de l’asile.

La douane et l’armée soutiennent le SEM dans plusieurs domaines

Face à la hausse constante du nombre de demandes d’asile, le SEM a déjà nettement augmenté son effectif de spécialistes dans le domaine de l’asile et a adopté des mesures supplémentaires en vue d’accélérer encore les procédures d’asile et de les clôturer le plus rapidement possible. Ces mesures concernent principalement les demandes déposées par des personnes venant d’Afghanistan, des pays du Maghreb ou d’États où il n’y a pas de risque de persécution. Le SEM a ainsi pu porter le nombre de procédures d’asile liquidées chaque mois de 1300 ce printemps à 1800 aujourd’hui. Les nouvelles mesures doivent permettre d’accroître encore la productivité sans pour autant nuire à la qualité des procédures d’asile et des décisions.

Le SEM a également besoin de personnel supplémentaire dans le domaine de l’encadrement. Pour soulager les prestataires d’encadrement, l’armée apporte son soutien au SEM en lui fournissant des véhicules et des chauffeurs pour le transport des personnes. De surcroît, l’Office fédéral de la police et la Conférence des commandants des polices cantonales de Suisse, partenaires du SEM en matière de sécurité, sont en train d’examiner s’ils peuvent fournir du personnel pour procéder, dans les CFA, aux vérifications de l’identité et de la provenance des requérants d’asile. Depuis le début de la crise ukrainienne, l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières soutient le SEM dans l’identification des personnes en quête de protection qui viennent d’Ukraine et dans l’examen des documents, ainsi que, depuis septembre, dans les procédures d’asile ordinaire.

Éviter d’attribuer plus rapidement les requérants d’asile aux cantons

Si, en dépit de toutes ces mesures, le taux d’occupation des CFA devait dépasser un niveau critique, il faudrait temporairement répartir une partie des requérants d’asile dans les cantons plus tôt qu’actuellement. Tel serait le cas si le nombre de nouvelles demandes d’asile restait largement supérieur à 2500 par mois. Une partie des requérants ne pourrait alors pas rester dans les CFA jusqu’à la fin de leur procédure accélérée et à l’exécution de leur renvoi, le cas échéant. Les représentants de la Confédération et des cantons au sein du SONAS sont d’accord sur le fait qu’une telle situation doit être évitée autant que faire se peut.

Les centres fédéraux pour requérants d’asile frôlent la saturation – des départs anticipés pour les cantons s’imposent

Les candidats à l’asile en Suisse sont toujours aussi nombreux. Les structures d’hébergement de la Confédération sont saturées et n’ont pratiquement plus de lits libres. Pour pouvoir continuer à accueillir, héberger et prendre en charge tous les requérants d’asile, le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) met régulièrement en service de nouvelles structures ‒ mais cela ne suffit pas. Afin de garantir une place d’hébergement dans les centres fédéraux pour requérants d’asile (CFA) à tous les intéressés, une partie d’entre eux vont être temporairement attribués aux cantons plus tôt qu’auparavant.

Actuellement, ce sont près de 800 personnes qui déposent une demande d’asile en Suisse chaque semaine. Dans les régions Suisse romande et Suisse du Nord-Ouest en particulier, cet afflux constant de nouveaux requérants d’asile cause des problèmes en termes de capacités d’hébergement et d’encadrement. Les autres régions – Berne, Tessin et Suisse centrale, Zurich, Suisse orientale – frôlent également la saturation. Même si des lits et des logements en plus ont été mis à disposition dans toutes les régions et que du personnel supplémentaire y a été recruté, la situation reste très tendue. En étroite collaboration avec l’armée suisse, une vingtaine de bâtiments ont été mis en service ou préparés dans tout le pays. Ces dernières semaines, des salles polyvalentes ont notamment été ouvertes à Bure, Thoune et Chamblon pour accueillir des réfugiés, et il est prévu d’en mettre d’autres en service à Schönbühl et Emmen.

En temps normal, les requérants d’asile en procédure accélérée restent jusqu’à 140 jours dans les CFA. Sur la base des « valeurs de référence de la planification d’urgence commune de la Confédération et des cantons en matière d’asile » et de la loi sur l’asile, il vient d’être décidé, compte tenu de la situation critique qui règne en matière d’hébergement, que les personnes frappées d’une décision de renvoi seraient transférées vers les cantons avant même que les 140 jours ne soient écoulés. Cette mesure sera mise en œuvre à partir du jeudi 27 octobre 2022. Une semaine plus tard, les requérants dont la procédure d’asile n’est pas encore achevée feront également l’objet d’un départ anticipé pour les cantons. Cette seconde mesure ne concernera pas les personnes en procédure Dublin, les requérants d’asile afghans, les requérants d’asile mineurs non accompagnés et les requérants d’asile originaires de pays à très faible taux de protection ; ces personnes feront l’objet d’une procédure accélérée dans les CFA.

Les cantons doivent se préparer à accueillir temporairement jusqu’à 1000 requérants d’asile par semaine, contre 500 actuellement. Ces personnes seront réparties entre les cantons proportionnellement à la population de ces derniers. Cette mesure permettra aux CFA de rester en mesure d’accueillir et d’héberger les nouveaux requérants et de lancer immédiatement les étapes nécessaires de la procédure.

Le SEM remercie les cantons, les villes et les communes de leur aide à l’accomplissement de cette tâche conjointe majeure.

CFR – Racisme structurel : une problématique à prendre au sérieux

La Commission fédérale contre le racisme (CFR) publie aujourd’hui sa revue Tangram sur le thème du racisme structurel en Suisse. Comment comprendre et se représenter cette dénomination ? Dans quels domaines de la vie quotidienne le racisme structurel s’exprime-t-il ? Quelles en sont les conséquences pour les personnes concernées et pour la société dans son ensemble ? Comment aborder le racisme structurel, dont la compréhension fait défaut à une large audience ? Avec ce numéro de Tangram, la CFR souhaite sensibiliser le public sur un phénomène encore souvent incompris et minimisé.

La notion de racisme structurel est aujourd’hui privilégiée pour décrire les mécanismes à l’œuvre dans la reproduction d’inégalités. Elle désigne une situation dans laquelle certains groupes subissent l’exclusion, des rapports de subordination et des désavantages profondément et historiquement ancrés dans la société.

Tangram publie les dernières recherches en la matière, les observations du terrain, et dresse un état des lieux de la dimension structurelle du racisme en Suisse. De nombreux domaines de la vie quotidienne sont passés en revue : travail, logement, écoles, droit, police, médias, politique d’asile. En réalisant ce dossier, la CFR a veillé à ce que les minorités touchées par le racisme structurel, mais aussi les institutions publiques et parapubliques, soient prises en compte dans les articles et réflexions.

« Notre racisme structurel est présent depuis que la Suisse mondialisée existe et qu’elle est connectée économiquement au monde », explique la sociologue Denise Efionayi-Maeder. « La Suisse a également développé ses propres formes de racisme, notamment envers les Juifs, les Yéniches et les Roms, ou encore les personnes issues de la migration en général, largement considérées au fil des siècles avant tout comme une force de travail ».

Les contributions de ce numéro démontrent que la discrimination s’exprime dans tous les domaines de la vie courante et se retrouvent dans la pratique des institutions. Elle se manifeste par des inégalités en matière de richesse, de revenu, d’accès à l’emploi et au logement, dans la formation et dans la pratique du profilage racial. Les possibilités juridiques de se défendre contre le racisme structurel sont très limitées. « Nous avons tendance à considérer le racisme comme un phénomène relevant de la sphère individuelle dont la manifestation se limite aux agissements d’une minorité d’individus. Les discriminations continuent de ne pas être perçues comme un problème de société ni comme étant de la responsabilité des décideurs politiques et opérationnels », s’exprime le juriste et spécialiste anti-discrimination Tarek Naguib.

Cet enracinement des inégalités n’a jusqu’alors pas été suffisamment traité et conscientisé. Nombre d’auteurs, dans ce dossier, s’entendent sur un point : les institutions et la société doivent sérieusement et durablement se pencher, dans un esprit critique, sur leurs normes et leurs règles, leurs valeurs et leurs cultures.