En août dernier, elle a été élue « Miss Univers Allemagne », et depuis la jeune albanaise de 22 ans reçoit presque tous les jours des offres d’emploi. Mais elle continue à travailler comme infirmière dans une clinique de Tübingen.
Avec son teint de porcelaine et ses yeux bruns, elle a réussi à se faire élire plus belle femme de Metzingen et à remporter la seconde place de « Miss Diaspora », spectacle où elle a été désignée plus belle femme de la diaspora albanaise.
Doresa est exigeante et s’est lancé un nouveau défi. La jeune albanaise a participé à « Miss Univers Allemagne », où elle a dû impressionner un jury composé de cinq membres. « Dans ce concours, l’aspect extérieur n’est pas tout. Je travaille dans une clinique où je soigne des patients ayant urgemment besoin de soins. Mon engagement social a joué un grand rôle et j’ai reçu une évaluation positive du jury ».
Doresa est arrivée en finale avec dix autres belles femmes. Cependant, elle n’avait jamais pensé qu’elle pourrait remporter la deuxième place. « Il y avait beaucoup de belles filles et le niveau de la compétition était très élevé ».
Lorsque le jury a annoncé sa décision, elle n’a pas pu retenir des larmes de joie. Immédiatement après le spectacle, sa mère l’a appelée.
Élue deuxième femme la plus belle d’Allemagne, Doresa reçoit différentes offres pour des photos ou du maquillage de la part d’agences de publicité. Maintenant, elle peut gagner de l’argent de cette façon. « Je remercie tout le monde pour leurs offres. Mais une seule chose est importante à mes yeux, ma profession d’infirmière. Pour moi le plus important ce sont les patients ».
La réussite de l’examen à l’école d’infirmière en avril de cette année était son principal objectif. Pour Doresa, ses parents et les autres membres de sa famille sont très importants. Ses deux sœurs travaillent à l’hôpital de Tübingen.
Doresa continuera à travailler en tant que mannequin, mais seulement pendant son temps libre. « Je dois voyager constamment et n’être que rarement à la maison. Je n’aime pas cela ».
Pour ce qui est de sa vie, il n’a aucun regret. D’ailleurs il n’a aucun regret non plus pour le fait d’avoir quitté les cliniques de renommée mondiale pour revenir au service dans son pays au Kosovo. Rappelons que dans les Balkans, le Kosovo est le pays qui a le moins investit par tête d’habitant dans les dix dernières années dans le domaine de la santé de ses citoyens.
Le jeune Dr Armend Sdiku s’est spécialisé dans les plus célèbres cliniques allemandes. Il s’exprime exclusivement pour albinfo.ch au sujet de ses motivations et de son retour au Kosovo. Sadiku est rentré au Kosovo après sa spécialisation en gynécologie, obstétrique et la chirurgie mini-invasive – alors qu’actuellement de nombreux médecins kosovars sont attirés par l’étranger pour une vie meilleure.
“J’ai commencé l’Ecole de médecine à Prishtina. Après 3 semestres à l’Université de Prishtina, j’ai ensuite poursuivi mes études en Autriche à Graz “, explique le Dr Sadiku. A Vienne, il a reçu son diplôme où il a obtenu le titre de docteur en médecine. A ce jour, il est le seul albanophone à avoir été accepté par l’Association allemande pour les professions de l’endoscopie.
Étudiant du Dr Holthaus, l’un des meilleurs experts en chirurgie mini-invasive
Du mois de mai 2005 à la mi-2015, le Dr Sadiku s’est spécialisé dans quatre hôpitaux allemands de renom : Neubrandenburg, Bremen, Osnabrück et Damme. “Dans le département d’obstétrique, j’ai été nommé chef de département et adjoint du Dr Holthaus – l’un des meilleurs experts en chirurgie mini-invasive», explique le jeune Dr Sadiku.
C’est déjà lors de son départ pour l’étranger qu’il avait l’objectif de revenir au Kosovo. “C’était mon objectif depuis le début. Même si la surspécialisation représentait pour moi un sérieux défi », fait-il remarquer. Sans oublier que c’était une chance et une opportunité inouïe de pouvoir apprendre du Dr Holthaus. “Après la spécialisation et la surspécialisation, j’ai voulu retourner au Kosovo pour pratiquer les meilleurs soins en utilisant les dernières techniques et méthodes de chirurgie mini-invasive. Il y a un déficit à cet égard », explique le Dr Sadiku, qui pratique actuellement dans un cabinet gynécologique à Prishtina. “Pour le patient, il est important que nous puissions lui offrir les meilleurs soins dès le début, les mêmes qui sont offerts en Allemagne. Il n’y a absolument aucune différence “, explique le Dr Sadiku. Ce qui lui a permis de s’adapter rapidement au Kosovo, c’est surtout le fait qu’il ne se sentait ni étranger ni de la diaspora, mais comme dans son propre pays. Par contre, ce que l’on attend de vous ici, c’est le changement et des améliorations. Et c’est ce que j’ai apporté. ”
Son équipe à Prishtina est très petite. «En tant que peuple, nous pourrions supporter un peu plus l’autocritique. Mais l’équipe avec laquelle je travaille, a des normes de travail si élevées qu’elle n’a eu aucune peine à s’alignées sur les règles de travail ».
La chirurgie en direct devant 1500 collègues
Pour les spécialistes, ce n’est toutefois pas un problème de travailler avec une équipe beaucoup plus grande. Il est important de maintenir les normes professionnelles élevées de travail applicables pour la chirurgie mini-invasive en gynécologie. En 2013, le Dr Sadiku a pratiqué une opération devant un public en ligne de 1.500 spécialistes en gynécologie. Son intervention chirurgicale a été réalisée en direct. «Ce fut pour moi un sentiment spécial : opérer devant les yeux de milliers de collègues qui ont regardé en ligne mon travail,” se rappelle le Dr Sadiku tout en nous montrant son certificat prouvant le succès de son intervention.
73% des médecins kosovars souhaitent émigrer!
Xhemajl Selmani, président du syndicat du personnel médical à l’hôpital universitaire de Prishtina confirme pour albinfo.ch l’enquête interne réalisée sur 1000 membres. Cette enquête soulève notamment le fait que 73% des personnes qui ont été interrogées souhaitent quitter le pays. M. Selmani indique que l’âge moyen des médecins au Kosovo est de 50 ans. D’après lui, les problèmes concernant le domaine médical seront perceptibles dans 10 ans, lorsque la majorité des médecins prendront leur retraite, tandis que les jeunes médecins ne voient pas d’avenir au Kosovo. Surtout en anesthésiologie, la situation est très critique. Nehat Baftiu, directeur de l’Institut d’anesthésiologie à l’hôpital universitaire de Prishtina explique pour albinfo.ch que depuis l’année 2015 cinq spécialistes ont déjà émigré. Par ailleurs, 82 spécialistes du domaine de la santé sont actuellement au chômage.
Autrefois, les traitements dans les centres esthétiques étaient considérés comme un luxe, aujourd’hui ils sont vus comme un impératif. La beauté naturelle ne suffit plus et les femmes sollicitent de plus en plus l’assistance de centres esthétiques. Cette tendance, qui est devenue la nécessité de l’époque, a notamment attiré l’attention de Mirjeta Nesimi, albanaise de Macédoine qui, fascinée par l’esthétique, a ouvert avec le Dr I. Rosenberg en 2009 à Winterthur la clinique esthétique « Vistaline ».
L’idée de démarrer cette activité de traitement de la peau lui est venue au cours de ses études de Master en « Public Health Prevention ».
L’Excellent travail et le dévouement de Mme Nesimi et de son équipe ont fait que ce centre soit fréquenté par des personnes de différents milieux de Suisse et de l’étranger.
« Actuellement, nous travaillons avec deux assistants spécialisés en esthétique et un médecin doté d’excellentes compétences en médecine esthétique ». Des locaux et plus récemment des étrangers de Monaco et de Paris suivent des traitements réguliers chez Mirjeta Nesimi et son équipe. Chez Vistaline, les clients sont traités suivant les méthodes et les technologies les plus à la pointe. Cela rend la clinique unique sur toute la région de Zurich. « Nous avons des clients réguliers de divers milieux sociaux et professionnels, venant du pays mais aussi de l’étranger, qui visitent notre centre », explique-t-elle dans une interview exclusive pour albinfo.ch.
Je veux montrer que les Albanais sont travailleurs
Élevée et éduquée en Suisse, Mirjeta Nesimi, qui est également mariée, est si bien intégrée qu’on ne la démarque pas des gens du pays, mais quand ils entendent son nom, ils sont immédiatement curieux de connaître son origine.
« On me pose souvent des questions sur mon nom. La plupart des gens pensent que je suis Suisse du Bündnerland, car dans cette région il existe des noms très exotiques. Quand je dis que je suis Albanaise, ils restent abasourdis. Les Albanais sont connus pour leurs diverses contributions à la société suisse, et j’en suis fière ! Avec mon travail, je veux montrer que les Albanais ont la culture du succès dans leur travail », ajoute Mme Nesimi.
« Quand j’étais petite, mon père me disait : “Essaye de t’adapter le mieux possible à la vie d’ici, mais sans jamais oublier nos valeurs et nos principes”. Cela m’a accompagné tout au long de ma vie. Pour atteindre ses objectifs, je pense que la confiance en soi est très importante », dit-t-elle.
Les visiteurs les plus fréquents du centre « Vistaline » sont principalement des suisses, mais la directrice du centre dit qu’elle serait heureuse de voir plus de compatriotes visiter son centre.
« Les femmes d’aujourd’hui savent exactement ce qu’elles désirent, et chez nous elles peuvent trouver le résultat et la réussite. Le principe de base de notre travail est que le client soit satisfait de notre service » ajoute-t-elle.
Mme Nesimi a également dévoilé que la clinique fournit des services scientifiques tels que les traitements basés sur les technologies Tav-tech, Jetpeel, Lutronic, Infini, Clarity, Dermafiller et Restylane. Les visiteurs de cette clinique sont de différents âges : à partir de 18 et jusqu’à 70 ans.
Florim Cuculi, le cardiologue réputé de l’hôpital cantonal de Lucerne en Suisse, désormais, donnera aussi des conférences comme professeur associé à l’Université de Bâle.
Après de nombreuses recherches dans le domaine de la cardiologie, et trois ans de travail dans la clinique renommée d’« Oxford Heart Center » en Angleterre, le médecin originaire de Macédoine donne une nouvelle dimension à sa vie.
Il a décidé de rejoindre le corps professoral de l’Université de Bâle. Pour l’occasion, ses collègues ont organisé un apéritif à l’hôpital cantonal de Lucerne.
Dans son discours, le chef du département de la cardiologie à l’Hôpital cantonal de Lucerne, Richard Kobza, a félicité le docteur Cuculi pour son succès dans le secteur académique.
Il a loué son collègue pour le travail acharné qui lui a permis d’en arriver là et a rappelé ses nombreuses publications d’articles scientifiques. Promesse a été faite de poursuivre la coopération avec le Dr Cuculi à l’avenir.
Le Dr Cuculi a confirmé à ses collègues que ce n’est qu’au prix d’un travail très dur qu’il a pu atteindre ses objectifs.
« Je suis un enfant d’immigré venu à 14 ans en Suisse sans connaître un mot d’allemand et j’ai réussi à faire mes étudies dans le système éducatif cantonal pour finalement devenir cardiologue. Maintenant je suis médecin en cardiologie à Lucerne et maître de conférences à l’Université de Bâle, c’est phénoménal », a déclaré Dr Cuculi.
« La Suisse m’a offert de nombreuses possibilités de réaliser de mes objectifs. Je me souviens des gens qui m’ont pris en charge, en particulier les collègues du département de cardiologie, qui m’ont permis de poursuivre mon engagement pour devenir professeur. Quand je devais m’absenter ils me remplaçaient. Mais, j’ai compensé ces heures de manque par mon travail scientifique », a ajouté le médecin originaire de Macédoine.
Le Dr Cuculi n’a pas oublié de remercier sa famille qui l’a soutenu moralement, ses parents, son frère, sa femme et ses enfants. Il annonce ne pas avoir l’intention d’arrêter la recherche scientifique, et dit être heureux de sa vie professionnelle et que si c’était à refaire, il ne changerait rien.
Vous pourrez lire l’interview du cardiologue Cuculi dans la prochaine édition de la revue « albinfo.ch ».