BD, Jazz et Journalisme: le génie humaniste de Gani Jakupi

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Albinfo.ch:  Pourriez-vous nous parler de vos origines?

Gani Jakupi: Je suis né dans les montagnes du Nord du Kosovo. J’ai grandi et fait mes études au Kosovo. Je suis ingénieur en électronique et télécommunications ; malheureusement, je ne suis jamais parvenu à mettre en pratique mes connaissance, car mon diplôme n’était pas reconnu en France, et moi je n’avais pas les moyens pour reprendre les études. Je ne me rappelle plus de l’année exacte où je suis parti à l’étranger pour la première fois, mais en tout cas, en 1978 je sillonnais déjà l’Europe occidentale avec un sac à dos.

Albinfo.ch:  Selon Wikipédia, vous avez publié votre première BD à 13 ans. Comment avez-vous commencé?

Gani Jakupi: Au départ, je publiais des poésies. J’ai toujours dessiné, et je me rappelle qu’à huit ans, pendant une maladie, comme on me laissait rien faire, j’ai pris du papier et j’ai fait une page de BD. Effectivement, à treize ans, j’ai réalisé une petite histoire de trois pages, publiée par un magazine d’enfants. J’ai enchaîné la collaboration avec la presse régionale, ensuite celle des autres république de l’ex-Yougoslavie.

Albinfo.ch:  Ensuite, vous êtes parti à l’étranger?

Gani Jakupi: J’étais bien naïf: je me suis rendu à Paris avec six dessins sous le bras! Et au lieu d’aborder des petites journaux, je suis allé directement à “Jour de France”, “Figaro”, France Soir”, et je ne me rappelle plus où encore! Ils devaient trouver ça amusant, sympathique même, car on me donna des conseils et on me redirigea vers des publications plus modestes. Durant quelques années, j’ai fait du dessin de presse, avant de m’introduire graduellement dans le monde de la BD. J’ai débuté dans des fanzines, en collaborant avec un scénariste. Ça m’a surtout permis d’apprendre les ficelles du métier, et de proposer un projet de série avec Hugues Labiano au dessin.

Albinfo.ch: Quels ont été vos premiers succès en France?

Gani Jakupi : La trilogie “Matador” (1991-1994), avec Hugues Labiano, eut un retentissement certain. Hélas, par la suite, j’ai gaspillé ma chance, avec des collaborations malencontreuses, en me trouvant au bon endroit mais au mauvais moment (notamment lors de l’achat de la maison d’édition Dargaud par un group qu’on considérait religieux et qui provoqua la débandade des grands auteurs). Parallèlement, je commençais à ressentir un désenchantement avec les thèmes que traitait la BD de l’époque.

Albinfo.ch: Vous avez abandonné la France pour vous installer en Espagne. Que vous attira-t-il à Barcelone?

Gani Jakupi : J’abandonnai Paris pour des raisons sentimentales: la séparation de ma première compagne. La raison inverse m’amena à Barcelone. Ma vie personnelle s’en voyait enrichie, mais je ratais le train des grands changements qui survinrent dans la BD française des années ’90! Bien que, à quelque chose malheur est toujours bon : je m’engageai dans le journalisme, le théâtre, le design, la photographie, la traduction, etc. Disons que je me constituais un bagage qui allait m’être très utile plus tard.

Albinfo.ch:  Ça fait plus de 20 ans que vous vivez en Espagne. Vous êtes vite retombé sur vos pieds ou avez-vous expérimenté des difficultés?

Gani Jakupi : Au départ, il y avait surtout des déboires. J’ai même abandonné des projets de BD déjà signés, en apprenant les tirages qu’on préconisait. J’acceptais d’être mal payé, mais pas d’être mal distribué. Finalement, en 2005, en association avec le critique du jazz du principal quotidien espagnol, “El País”, j’ai monté une collection de livres sur des grands noms de la musique. Ils comprenaient une BD, des chroniques musicales et deux CD’s avec des morceaux soigneusement sélectionnés. La presse, les radios et les télés s’intéressèrent aux titres que j’y réalisais moi-même, malheureusement, la logistique de l’éditeur s’avéra bancale. Les livres étaient introuvables au moment où l’on jouissait de la meilleure visibilité médiatique! Mais, j’eu la chance que mon travail soit remarqué par un éditeur de Dupuis, qui me suggéra de retourner sur le marché français. À traiter les thèmes que je souhaitais. Aujourd’hui, je lui en sais gré!

Albinfo.ch: En 1999, vous vous êtes rendu au Kosovo en tant que journaliste. Vous en témoignez dans vos romans graphiques “La dernière image” et “Retour au Kosovo”. Comment avez-vous vécu cette expérience?

Gani Jakupi : Vous pouvez vous imaginez à quel point est douloureux de travailler sur un sujet qui comprend l’assassinat des membres de votre famille. Néanmoins, j’ai toujours fait très attention de ne pas perdre de vue la déontologie du journalisme. J’ai été ravi lors de l’entretien accordé à Frédéric Potet de “Le Monde”, qui a commencé en me félicitant pour l’objectivité de mes écrits! Il paraît qu’on trouve “La dernière image” dans toutes les bibliothèques publiques en France, et ce roman graphique m’a valu des invitations à des festivals de BD, de littérature et du cinéma. Pour “Retour au Kosovo”, j’ai eut la chance de collaborer avec l’un des plus grand graphistes argentins. Ce roman graphique a été traduit en espagnol, italien et russe. Dans la préface, l’éditeur russe a exprimé son désaccord avec ma vision de l’intervention internationale au Kosovo, mais il a décidé de publier l’œuvre à cause de la “profonde humanité” qu’elle exprime.

Albinfo.ch: Comment en êtes-vous arrivé au jazz? Avez-vous fait des études musicales?

Gani Jakupi : Aucune! Je suis autodidacte, et j’en serai resté au niveau d’amateur, sans un heureux concours de circonstances. Étant bien intégré dans le milieu du jazz à Barcelone, je voulais faire enregistrer quelques unes de mes compositions par des amis. Heureusement pour moi, le plus grand Latin jazz pianiste de l’époque, l’uruguayen José Reinoso les a écouté, les a aimé, a décidé de les jouer et m’a mis en contact avec de grands interprètes. Il étaient d’origine extrêmement diversifiées: Brésil, Argentine, Venezuela, Moldavie, Suisse, etc. De mon côté, j’ai invité des musiciens kosovars que j’admire. Le résultat, l’album Aldea (2012) a dépassé mes expectatives. Il a attiré l’attention de France Culture, de « Jazz Magazine », des radios espagnoles, on me l’a réclamé depuis la radio de Montréal (au Canada). Plus tard, on a joué ma musique aussi dans des radios de Buenos Aires, Miami…

Cela m’a inspiré pour monter un noyau dur constitué de : Marcelo Mercadante, le meilleur bandonéoniste en Espagne; Manuel Martínez del Fresno, violoncelliste du Liceu (Opéra de Barcelone) qui avait joué avec Jimmi Page et Robert Plant (Led Zeppelin), remplacé, vers la fin du projet, par la très talentueuse Cèlia Torres; Jordi Gaspar, le contrebassiste des vedettes espagnoles (Joan Manuel Serrat, Ferràn Savall –  fils de Jordi Savall-) ou américaine (John Zorn, John Abercrombey); le meilleur batteur kosovar Nesim Maxhuni; et moi-même à la guitare. La formation s’est vue renforcée par Raynald Colóm, quatre années consécutives meilleurs trompettiste jazz d’Espagne, publié en France et en Grande Bretagne par Harmonia Mundi. Pour le deuxième album, Kismet (2014), j’ai invité des interprètes de Grèce, Iran, Turquie, Inde et Kosovo.

À cause d’un projet de roman graphique volumineux et extrêmement exigeant, actuellement en cours, je n’ai pas pu accepter faire de la scène que très peu de fois, mais nous prévoyons de donner plus de concerts dès l’années prochaine.

Dua Lipa : Je n’aurais pas eu le même succès au Kosovo

Dua Lipa a déclaré qu’elle n’aurait jamais obtenu le succès dont elle jouit maintenant si elle avait essayé de percer dans le milieu de la musique au Kosovo.

Le chemin de l’intégration, pour de nombreux Albanais du Kosovo, n’a pas été facile.

Dans une interview pour le magazine « V Magazine », la star a parlé des difficultés que rencontrent les artistes et de son succès personnel.

« Je pense que je n’aurais pas été en mesure de faire une carrière musicale au Kosovo, parce que je crois qu’il n’y avait pas le moyen de toucher un public large. Tout ce que je voulais, c’était de faire de la musique », a déclaré Dua Lipa.

Dua Lipa a grandi au Royaume-Uni. Quand Dua a eu 11 ans, sa famille a décidé de rentrer au Kosovo. À 15 ans, elle a réussi à convaincre ses parents de lui permettre de retourner à Londres pour poursuivre son rêve. Elle a ensuite poursuivi ses études en Grande-Bretagne, une expérience qu’elle qualifie de la plus importante de sa vie.

L’été dernier, elle a tenu un concert suivi par des milliers de ses fans, lors duquel son père, également chanteur, s’est produit sur scène.

Astrit Alihajdaraj de retour sur les écrans autrichiens

Après le fort succès de la série Soko Kitzbühel – Erlösung sur ORF, l’acteur albanais, qui vit à Vienne, est de retour à la télévision autrichienne.

La série « Tatort » de genre criminalistique jouit d’une très grande popularité dans les pays germanophones et au-delà. « Tatort » existe depuis le début des années 70 et de nouveaux épisodes sont régulièrement tournés dans de nombreux lieux où l’on parle la langue de Goethe.

« L’épisode dans lequel je joue à lieu principalement à Vienne et à Bratislava. J’incarne un agent infiltré dans un groupe mafieux qui aide la police à les arrêter », dévoile Astrit Alihajdaraj pour albinfo.ch.

Le jeune homme originaire d’Istogu a terminé le tournage de son premier film en tant que réalisateur. « Il s’agit du film “Schatzi”, produit par Illyria Film. C’est un film pour lequel, il y a de cela quelque temps, nous avions recherché des acteurs notamment au travers votre portail, albinfo.ch », dit-il.

Astrit a déclaré que jusqu’à présent le tournage s’est très bien passé et qu’il est pleinement satisfait du travail des acteurs, ainsi que de toute l’équipe. Il espère que son film sera bientôt prêt pour les téléspectateurs.

Flaka Goranci a présenté les perles de la musique albanaise à Zürich

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Après des promotions réussies en Autriche, en Albanie et au Kosovo, la chanteuse mezzo-soprano kosovare a choisi la ville de Zürich pour promouvoir son premier CD international composé de chansons albanaises, intitulé « Albanian Flowers », qui a été réalisé à Vienne par la société autrichienne « Gramola Company ».

Contrairement aux rumeurs selon lesquelles elle serait accompagnée par tous les membres de l’ensemble « Dielli », Flaka n’était accompagnée que du pianiste Menan Berveniku, mais ces absences n’ont rien ôté à la grandeur du concert.

Devant un public choisi, mais malheureusement peu nombreux, dans la salle blanche du Volkshaus de Zürich, Flaka a chanté des perles de la musique albanaise, organisées par Kushtrim Gashi.

Interprétant des chansons de diverses parties de l’Albanie et du Kosovo, la mezzo-soprano a suscité les émotions du public, qui n’a pas lésiné sur les applaudissements.

Née et élevée à Gjakova, et ayant vécu les horreurs de la guerre entre 1998-1999, ces événements étaient sans aucun doute présents dans l’album « Albanian Flowers ».

Avec la chanson « donne-moi ton sourire », que la mezzo-soprano a chanté non accompagnée, cette dernière a voulu rendre hommage au défunt chanteur de Gjakova, Esat Bicurri, victime de la guerre.

Comme la société « Gramola » qui a produit le CD est très prestigieuse en Autriche, l’album de Flaka jouit d’une bonne visibilité sur les sites des distributeurs les plus connus tels qu’Amazon, iTunes, Spotify, Naxos, etc.

Flaka, à cette occasion, s’est dite très satisfaite de l’intérêt qu’a suscité cet album, en particulier chez le public non albanais. Le but était d’encourager la curiosité du public étranger sur la musique albanaise.

L’ensemble « Dielli » est composé de 4 membres : Flaka Goranci, chanteuse mezzo-soprano, Menan Bërveniku au Piano, Adela Frasineanu au violon et Edison Pasko au violoncelle.

Qui est Flaka Goranci ?

Née au Kosovo, dès l’âge de 7 ans elle prend des leçons de piano à Gjakovë. En 2004, elle poursuit ses études à l’Académie de musique albanaise à Tirana. Elle étudiera le chant sous la direction de la Prof. Suzana Frashëri. Parmi ses expériences, la meilleure est celle de 2008, quand en tant qu’étudiante, elle fait ses débuts à l’Opéra albanais dans le rôle de Rosina dans « Le Barbier de Séville ».

Après avoir obtenu son diplôme en 2008, elle décroche la bourse du « Buchmann-Mehta School of Music » à Tel-Aviv, en Israël, pour poursuivre ses études de Master auprès du Prof. Tamar Rachum. En Israël, Flaka a eu quelques très excellentes présentations. Entre autres, elle a travaillé avec des chefs d’orchestre de renom comme Nikolaus Harnoncourt, Manfred Mayrhofer, Vittorio Parisi, Ze’ev Dorman, Yishai Steckler, Zhani Ciko, Leonardo Quadrini, Xu Yi-An, Alexander Lekovski-Lekaj, Rafet Rudi et Desar Sulejmani.

Flaka s’est produite lors de nombreux récitals et concerts dans divers pays tels que l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, Israël, le Royaume-Uni, la Macédoine, le Monténégro, l’Albanie et le Kosovo.

Bunjaku certain de remporter la « couverture d’Eminem »

Un micro chargé de balles dessiné par un kosovar a époustouflé le jury et le rappeur le plus renommé de la scène mondiale, Eminem. Le designer kosovar Granit Bunjaku à terminé ses études à l’Université de Prishtina, ou il y a décroché un diplôme en architecture. Il est le lauréat du concours dont le travail du gagnant a été choisi pour faire la couverture du nouvel album d’Eminem.

Bunjaku lui même dit ne jamais avoir douté de remporter ce prix, et qu’il connaissait les travaux des autres concurrents, ce qui le rassurait sur sa propre victoire.

« Tout le monde disait que mes chances de l’emporter était bonnes, mais personnellement j’étais sur de ma victoire », a-t’il déclaré pour le portail Koha.net. La nouvelle de sa collaboration avec le chanteur américain a fait grande sensation.

« Hier soir, en apprenant la bonne nouvelle j’ai été ravi », a-t’il déclaré. Bunjaku, dans son travail pour cette couverture d’album, a choisi comme illustration un micro chargé de balles comme le serait un revolver. On y voit aussi les mains du rappeur Eminem, en train de « charger » le micro de balles. Cette image, pourtant simple, a impressionné le jury du concours « Creative Allies » (alliance créative).

Bunjaku s’est confié à Koha.net sur le processus créatif qui l’a mené à produire cette pochette. L’inspiration m’est venue des textes d’Eminem, des mots qu’il utilise dans ses chansons, des mot dirigés à son public, a expliqué Bunjaku qui admet ne pas être lui-même fan d’Eminem. Il dit « J’écoute et apprécie Eminem, mais je ne suis pas un grand fan. Je l’écoute comme un artiste parmi d’autres ».

Eminem lui-même a félicité Granit Bunjaku pour son travail. Sur ses profils officiels Facebook et twitter, Eminem a écrit : « Merci à tous ceux qui ont participé au concours. Vous avez voté pour Granit et il est sorti vainqueur de la compétition. Félicitations mec ! ».

Bunjaku savoure actuellement son succès, et est dans l’attente de nouvelles opportunités telles que celle-ci.