Autres

Brilant Milazimi représente le Kosovo à la Biennale de Venise 2026

Le Kosovo à la 61e Biennale de Venise, avec la peinture monumentale de 17 mètres “Dhëmbë të fortë” de Brilant Milazimi exposée dans l’église baroque de Santa Maria del Pianto

À moins de quatre mois de la 61e édition de la Biennale internationale d’art de Venise, les préparatifs pour la présentation de l’art du Kosovo entrent dans leur phase finale. Le pavillon du Kosovo présentera cette année, pour la première fois, une peinture: l’œuvre monumentale de 17 mètres “Dhëmbë të fortë” de l’artiste Brilant Milazimi, qui sera installée dans l’église baroque Chiesa di Santa Maria del Pianto, rapporte albinfo.ch.

Cette église et ancien monastère octogonal, construit en 1658 par l’architecte Francesco Contin, se situe face à la lagune vénitienne et compte parmi les espaces précieux de l’architecture de Venise. Au fil des siècles, le complexe a servi d’école, d’hôpital, de caserne et d’entrepôt, avant d’être fermé au public et laissé à l’abandon pendant des décennies. Aujourd’hui, le bâtiment appartient à une entreprise privée et est utilisé pour diverses activités ambulatoires, tandis que l’église demeure désaffectée. Selon la Galerie nationale du Kosovo, la participation de cette année marque une réouverture rare de cet espace fermé, évoquant des cycles de dévouement, d’abandon et d’attente institutionnelle.

L’exposition de Milazimi, commissariée par le Mexicain José Esparza Chong Cuy, sera ouverte du 9 mai au 22 novembre. La peinture “Dhëmbë të fortë” présente une succession de figures étroitement alignées, rappelant le paysage rural du Kosovo et de longues processions humaines, créant une atmosphère de suspension temporelle et de tension émotionnelle. La couleur rouge domine l’œuvre, tandis que des nuances claires et sombres composent des jeux d’ombre et de lumière qui confèrent aux figures une dimension à la fois poétique et inquiétante. L’œuvre reflète la tension physique et psychologique d’une longue attente, façonnée par des décennies d’incertitude liées à la transition politique et à la reconnaissance contestée du Kosovo.

Selon la Galerie nationale du Kosovo, l’exposition invite les visiteurs à vivre l’œuvre de près, tandis que les figures “résistent, restent dans l’attente, les dents fermement serrées”, établissant un dialogue avec la situation politique et sociale du pays. “L’exposition vise à susciter de profondes réactions émotionnelles à travers une atmosphère immersive et une tension silencieuse, reflétant des états politiques incertains et des crises mondiales”, précise l’argumentaire.

Milazimi, artiste de la jeune génération originaire de Gjilan, a été choisi à l’unanimité par un jury international composé d’Inke Arns, Erëmirë Krasniqi, Christine Macel, Valentine Umansky et Rein Wolfs. Le jury a salué la clarté de sa vision, la puissance de son langage visuel et son engagement envers le médium de la peinture, le désignant pour ouvrir un nouveau chapitre du pavillon du Kosovo.

Le commissaire de l’exposition, José Esparza Chong Cuy, est écrivain, éditeur et architecte originaire du Mexique. Il a collaboré avec des dizaines d’artistes à travers le monde et est coéditeur du prochain ouvrage Empty Plinths: Monuments, Memorials, and Public Sculpture in Mexico, qui paraîtra en 2026 chez Harvard Design Press.

Le Kosovo poursuit ainsi la tradition de la présentation de sa culture visuelle à la Biennale de Venise, en utilisant cet espace comme plateforme de dialogue culturel et politique, et en marquant cette année un chapitre particulier avec la peinture monumentale de Brilant Milazimi.


 Autres de Autres