{"id":536560,"date":"2022-01-31T01:00:53","date_gmt":"2022-01-31T00:00:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.albinfo.ch\/?p=536560"},"modified":"2022-01-31T01:00:53","modified_gmt":"2022-01-31T00:00:53","slug":"omicron-ne-poussera-probablement-pas-le-systeme-de-sante-a-ses-limites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.albinfo.at\/fr\/omicron-ne-poussera-probablement-pas-le-systeme-de-sante-a-ses-limites\/","title":{"rendered":"Omicron ne poussera probablement pas le syst\u00e8me de sant\u00e9 \u00e0 ses limites"},"content":{"rendered":"<div class=\"contentHead\"><\/div>\n<div class=\"mod mod-nsbnewsdetails\">\n<p><strong>Apparemment moins dangereux pour la sant\u00e9 que le variant Delta, mais nettement plus infectieux : la propagation du variant Omicron du coronavirus SRAS-CoV-2 soul\u00e8ve la question de savoir si elle peut pousser le syst\u00e8me de sant\u00e9 \u00e0 ses limites. Des chercheurs de l&#8217;Empa ont, avec des partenaires, calcul\u00e9 des sc\u00e9narios pour la Suisse et l&#8217;Allemagne &#8211; et concluent que cela est peu probable. Certains risques existent n\u00e9anmoins.<\/strong><\/p>\n<p>Pour \u00e9valuer le risque li\u00e9 au SRAS-CoV-2, les capacit\u00e9s du syst\u00e8me de sant\u00e9 sont un crit\u00e8re d\u00e9cisif : les h\u00f4pitaux pourront-ils accueillir et traiter un nombre suffisant de personnes malades ? Aussi bien dans les services de soins ordinaires que dans les unit\u00e9s de soins intensifs ? En Grande-Bretagne et dans d&#8217;autres pays, le d\u00e9couplage entre le nombre de cas et les hospitalisations semble donner des raisons d&#8217;\u00eatre optimiste &#8211; mais est-ce \u00e9galement le cas en Suisse ou en Allemagne, o\u00f9 la proportion de personnes vaccin\u00e9es ou gu\u00e9ries est plus faible ?<\/p>\n<p>Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, des chercheurs du d\u00e9partement &#8220;Multiscale Studies in Building Physics&#8221; de l&#8217;Empa ont d\u00e9velopp\u00e9 des sc\u00e9narios complexes avec des sp\u00e9cialistes de l&#8217;Institut de m\u00e9decine de laboratoire et de pathobiochimie de l&#8217;Universit\u00e9 Philipps de Marburg et du canton des Grisons &#8211; pour la p\u00e9riode du 17 janvier \u00e0 fin mars. La force de ce mod\u00e8le r\u00e9side dans le fait que de nombreuses variables ont \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9es sur la base de donn\u00e9es actuelles : \u00c2ge, statut vaccinal, statut de booster, et taux de reproduction du virus. Afin de rendre les r\u00e9sultats rapidement disponibles, ils ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s en ligne\u00a0&#8211; avant le processus habituel d&#8217;\u00e9valuation par les pairs, explique le chercheur responsable Hossein Gorji, &#8220;comme c&#8217;est g\u00e9n\u00e9ralement le cas dans ce type de recherche COVID&#8221;. Les r\u00e9sultats, qui seront \u00e9galement publi\u00e9s dans une revue sp\u00e9cialis\u00e9e apr\u00e8s l&#8217;\u00e9valuation par les pairs, indiquent que le variant Omicron ne devrait pas provoquer un nombre record d&#8217;admissions dans les unit\u00e9s de soins intensifs &#8211; ni en Allemagne ni en Suisse ; m\u00eame dans des conditions d\u00e9favorables.<\/p>\n<p><b>Trois sc\u00e9narios &#8211; pour tous les cas de figure<\/b>Afin d&#8217;appr\u00e9hender diff\u00e9rentes situations de danger, les sp\u00e9cialistes ont consid\u00e9r\u00e9 trois sc\u00e9narios avec des\u00a0nombres de reproduction\u00a0effectifs, qui indiquent combien de personnes une personne infect\u00e9e contamine en moyenne. Ils ont utilis\u00e9 un taux de reproduction 1,3 , ce qui correspond \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 la situation actuelle, ainsi que 1,5 et 1,8, c&#8217;est-\u00e0-dire le cas le plus d\u00e9favorable. Des diff\u00e9rences entre les deux pays ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 mises en \u00e9vidence : en Allemagne, le sc\u00e9nario le plus pessimiste a entra\u00een\u00e9 une augmentation de pr\u00e8s de 20 % du nombre de cas pour 100 000 habitants. Cela s&#8217;explique notamment par la diff\u00e9rence de &#8220;structure des contacts&#8221; entre les diff\u00e9rents groupes d&#8217;\u00e2ge en Suisse, qui fait que la vague d&#8217;infection s&#8217;att\u00e9nue d\u00e9j\u00e0 \u00e0 partir d&#8217;un pic plus bas du nombre de cas.<\/p>\n<p>Outre de telles influences, les chercheurs ont \u00e9galement mod\u00e9lis\u00e9 les diff\u00e9rences en mati\u00e8re de pr\u00e9vention m\u00e9dicale contre le variant Omicron : alors que le taux de vaccination est l\u00e9g\u00e8rement plus \u00e9lev\u00e9 en Allemagne, ils ont suppos\u00e9 une protection plus importante en Suisse en raison de l&#8217;efficacit\u00e9 prolong\u00e9e du m\u00e9lange de vaccins. Cependant, des incertitudes subsistent, car le risque exact li\u00e9 au variant Omicron, y compris les cons\u00e9quences \u00e0 long terme dans les cas graves, ainsi que l&#8217;efficacit\u00e9 des vaccins et la diminution de la protection n&#8217;ont pas encore \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s avec pr\u00e9cision.<\/p>\n<p>Compte tenu des questions ouvertes et des hypoth\u00e8ses n\u00e9cessaires, qui sont expliqu\u00e9es en d\u00e9tail dans l&#8217;\u00e9tude, les auteurs soulignent que les r\u00e9sultats ne doivent pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des pr\u00e9visions, mais comme des sc\u00e9narios plausibles. Des calculs crois\u00e9s et une &#8220;analyse de sensibilit\u00e9&#8221; (voir infobox) ont toutefois montr\u00e9, selon le chercheur Hossein Gorji de l&#8217;Empa, qu&#8217;ils sont robustes et que les sc\u00e9narios sont exacts. De plus, ils sont coh\u00e9rents avec le d\u00e9couplage entre le nombre de cas et les hospitalisations, comme cela a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 en Grande-Bretagne et en Afrique du Sud.<\/p>\n<p><b>Un optimisme prudent<\/b>L&#8217;occupation des unit\u00e9s de soins intensifs en Suisse et en Allemagne par des patients Omicron ne devrait donc gu\u00e8re atteindre des valeurs critiques tant que l&#8217;indice de reproduction effectif reste inf\u00e9rieur \u00e0 2. &#8220;Nos r\u00e9sultats sont certes d&#8217;un optimisme prudent&#8221;, d\u00e9clare Hossein Gorji, &#8220;mais ils doivent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s avec prudence&#8221;. A l&#8217;avenir aussi, les contacts sociaux devraient \u00eatre quelque peu r\u00e9duits si n\u00e9cessaire, selon le chercheur ; en outre, d&#8217;autres mesures seront probablement n\u00e9cessaires. Et pour soutenir le d\u00e9couplage entre le nombre de cas et les hospitalisations, il est n\u00e9cessaire d&#8217;am\u00e9liorer l&#8217;immunit\u00e9 dans la population.<\/p>\n<p>&#8220;Tous nos sc\u00e9narios partent implicitement du principe que des mesures seront maintenues ou prises dans les semaines \u00e0 venir pour endiguer la propagation du virus&#8221;, souligne \u00e9galement le chef de d\u00e9partement de l&#8217;Empa Ivan Lunati. Et comme la protection vaccinale diminue avec le temps, les pr\u00e9visions ne sont valables qu&#8217;\u00e0 l&#8217;heure actuelle &#8211; avec les utilisations actuelles des vaccins et les d\u00e9lais \u00e9coul\u00e9s depuis les vaccinations dans les deux pays.<\/p>\n<p>En outre, d&#8217;autres probl\u00e8mes de sant\u00e9 publique ne sont pas \u00e0 exclure : Selon Hossein Gorji, le nombre d&#8217;infections pourrait \u00e0 lui seul entra\u00eener des p\u00e9nuries de personnel et limiter les capacit\u00e9s de diagnostic du COVID. Exemple de l&#8217;Allemagne : selon les mod\u00e8les, le chercheur Harald Renz de l&#8217;universit\u00e9 Philipps de Marburg, qui a particip\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9tude, s&#8217;attend \u00e0 un pic du nombre de personnes infect\u00e9es entre fin f\u00e9vrier et mi-mars. En Suisse, cela pourrait arriver un peu plus t\u00f4t. Il faut alors s&#8217;attendre &#8211; comme cela a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mod\u00e9lis\u00e9 ailleurs &#8211; \u00e0 une augmentation rapide et importante du nombre d&#8217;infections. L&#8217;ensemble de la population sera concern\u00e9, y compris les professionnels de la sant\u00e9.<\/p>\n<p><b>Nouveau caract\u00e8re de la pand\u00e9mie<\/b>&#8220;Nous verrons, avec un l\u00e9ger retard, une nette augmentation du nombre de patients atteints de COVID-19 dans les services de soins ordinaires, lorsque le taux de reproduction d\u00e9passera 1,5&#8221;, poursuit Harald Renz. &#8220;Mais pas seulement les patients qui sont hospitalis\u00e9s en premier lieu pour le COVID-19 (cas de gravit\u00e9 moyenne), mais aussi les patients qui doivent \u00eatre trait\u00e9s pour d&#8217;autres maladies, mais qui sont en plus infect\u00e9s&#8221;, expose le m\u00e9decin. &#8220;Il s&#8217;agit d&#8217;un nouveau caract\u00e8re de la pand\u00e9mie; nous n&#8217;avions pas encore connu cela jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent. En revanche, nous ne pr\u00e9voyons pas d&#8217;augmentation significative de la charge de travail des patients en soins intensifs au-del\u00e0 du taux d&#8217;occupation des lits que nous avons d\u00e9j\u00e0 actuellement&#8221;.<\/p>\n<p>Ces effets s&#8217;expliquent surtout par le fait que les personnes ayant re\u00e7u trois doses de vaccins, en particulier, sont relativement bien prot\u00e9g\u00e9es contre les formes graves du variant Omicron. A cela s&#8217;ajoute l&#8217;infectiosit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e du virus, associ\u00e9e \u00e0 une gravit\u00e9 nettement moindre de la maladie. &#8220;La vague atteindra son sommet aussi rapidement qu&#8217;elle se d\u00e9gonflera, \u00e0 l&#8217;exception d&#8217;une certaine prolongation de la vague chez les patients en soins intensifs&#8221;, explique Harald Renz. Bien s\u00fbr, il peut y avoir des diff\u00e9rences r\u00e9gionales, ajoute-t-il : &#8220;Ce sc\u00e9nario global par pays n&#8217;exclut pas qu&#8217;il puisse y avoir des d\u00e9viations vers le haut et vers le bas, et donc des surcharges r\u00e9gionales&#8221;.<\/p>\n<p>Quel sera l&#8217;impact de la vague Omicron sur le secteur de la sant\u00e9 apr\u00e8s la p\u00e9riode consid\u00e9r\u00e9e ? Cela sera fortement d\u00e9termin\u00e9 par l&#8217;immunit\u00e9 crois\u00e9e Omicron-Delta, qui est encore inconnue. Les sp\u00e9cialistes pensent que leurs mod\u00e8les pourront \u00e9galement contribuer dans un avenir lointain \u00e0 l&#8217;\u00e9tude et \u00e0 l&#8217;affinement des mesures de lutte contre la pand\u00e9mie. Sur la base des analyses de l&#8217;ensemble de la population dans les deux pays, Ivan Lunati conclut en outre que les mesures devraient \u00e9galement s&#8217;orienter davantage sur les caract\u00e9ristiques individuelles si l&#8217;objectif premier est d&#8217;\u00e9viter une surcharge du syst\u00e8me de sant\u00e9 : &#8220;Je pense qu&#8217;il est temps de mettre en \u0153uvre des strat\u00e9gies sp\u00e9cifiquement destin\u00e9es aux diff\u00e9rents groupes \u00e0 risque&#8221;.<\/p>\n<p><b>D\u00e9tails de l&#8217;\u00e9tude<\/b>Pour calculer les scenarios, les chercheurs ont utilis\u00e9 ce que l&#8217;on appelle un &#8220;mod\u00e8le compartimental&#8221;. Celui-ci permet de mod\u00e9liser l&#8217;\u00e9volution \u00e0 l&#8217;aide de populations de personnes &#8220;sensibles&#8221;, de personnes infect\u00e9es, de personnes hospitalis\u00e9es et de patients en unit\u00e9s de soins intensifs. En outre, le mod\u00e8le distinguait les personnes vaccin\u00e9es, les personnes non vaccin\u00e9es, les personnes r\u00e9cemment gu\u00e9ries et d&#8217;autres crit\u00e8res. Afin de v\u00e9rifier la robustesse des r\u00e9sultats, les sp\u00e9cialistes ont calcul\u00e9 d&#8217;autres sc\u00e9narios, du plus favorable au plus pessimiste. En outre, ils ont contr\u00f4l\u00e9 l&#8217;influence importante du nombre de contacts entre diff\u00e9rents groupes d&#8217;\u00e2ge de la population en intervertissant \u00e0 titre d&#8217;essai les donn\u00e9es allemandes et suisses. Ces &#8220;analyses de sensibilit\u00e9&#8221; ont soulign\u00e9 le fait que dans les deux pays, il est peu probable que la vague actuelle d&#8217;Omicron devienne une menace pour les soins m\u00e9dicaux, en particulier par le biais des unit\u00e9s de soins intensifs. L&#8217;\u00e9tude a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e en tant que sous-projet du r\u00e9seau national de recherche &#8220;Surveillance et test appliqu\u00e9s&#8221; pour le projet &#8220;R\u00e9seau national de recherche en m\u00e9decine universitaire sur COVID-19&#8221;, financ\u00e9 par le minist\u00e8re f\u00e9d\u00e9ral allemand de l&#8217;\u00c9ducation et de la Recherche (BMBF &#8211; FKZ 01KX2021).<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La propagation du variant Omicron du coronavirus SRAS-CoV-2 soul\u00e8ve la question de savoir si elle peut pousser le syst\u00e8me de sant\u00e9 \u00e0 ses limites.<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":536282,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18826,22521,1170],"tags":[4418],"vendi":[],"content_country":[31835,31838,31840],"class_list":["post-536560","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-lajme-jeta-ne-zvicer-fr","category-coronavirus-minutes-par-minutes","category-vivre-en-suisse","tag-zvicra-fr","content_country-austria-fr","content_country-germany-fr","content_country-zvicer-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.albinfo.at\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/536560","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.albinfo.at\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.albinfo.at\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.at\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.at\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=536560"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.albinfo.at\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/536560\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.at\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/536282"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.albinfo.at\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=536560"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.at\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=536560"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.at\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=536560"},{"taxonomy":"vendi","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.at\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/vendi?post=536560"},{"taxonomy":"content_country","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.at\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/content_country?post=536560"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}